Album 26/ 4. Parti à vingt ans
Parti à 20 ans
Jean-Paul VERNERET
4/3/2009
A tous mes grands oncles morts à 20 ans pour rien entre 1914 et 1918
On te parlait d’honneur, de drapeaux, de patrie
De gloire à conquérir au prix de ta vie
Mais sous le chant du cuivre et le pas cadencé
C’est la peur qui battait dans tes poings glacés
Parti à vingt ans, tu n’es jamais revenu
Le sac plein d’illusions et d’un peu d’insolence
Tu croyais que la guerre était un mal connu
Un orage lointain traversant ton existence
Pont
Que reste-t-il sinon ce silence immense
Où flotte ton absence comme une évidence ?
Ton casque rouillé dort encore sous la pluie
Tu es bien mort pour rien, dans la boue, dans l’oubli
Refrain
Parti à vingt ans pour défendre une terre
Tu laissais derrière toi des promesses d’été
Mais nul clairon ne pourra rendre à ta mère
Le rire que le feu lui a pour toujours confisqué
La terre sous tes pas gémissait de douleur
Les villages brûlaient comme des torches folles
Tu apprenais trop vite le goût âpre des pleurs
Et le poids d’un ami qui s’effondre et s’envole
Si je parle aujourd’hui, c’est pour ceux qui se taisent
Pour tes vingt ans fauchés que la mémoire apaise
Car nul drapeau ne vaut le sang d’un enfant
Ni la gloire d’un printemps arraché par le vent
Pont
Que reste-t-il sinon ce silence immense
Où flotte ton absence comme une évidence ?
Ton casque rouillé dort encore sous la pluie
Tu es bien mort pour rien, dans la boue, dans l’oubli
Refrain
Parti à vingt ans pour défendre une terre
Tu laissais derrière toi des promesses d’été
Mais nul clairon ne pourra rendre à ta mère
Le rire que le feu lui a pour toujours confisqué
On a gravé ton nom sur un marbre trop froid
À côté de milliers qui te ressemblaient tant
Toi qui ne demandais qu’à vivre sous ton toit
À regarder mûrir les blés au gré du temps
La pluie a délavé l'encre de tes courriers
Ces mots d'amour écrits au fond d'un trou de terre
Tu rêvais de moissons, de pain et de lauriers
Tu n'as trouvé qu'un lit de silence et de pierre
Pont
Que reste-t-il sinon ce silence immense
Où flotte ton absence comme une évidence ?
Ton casque rouillé dort encore sous la pluie
Tu es bien mort pour rien, dans la boue, dans l’oubli
Refrain
Parti à vingt ans pour défendre une terre
Tu laissais derrière toi des promesses d’été
Mais nul clairon ne pourra rendre à ta mère
Le rire que le feu lui a pour toujours confisqué
Partition mélodie
Partition tous les instruments